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Des milliers d'enseignants ont manifesté leur colère dans une marche, ce dimanche, à Rabat

Des milliers d'enseignants ont manifesté leur colère dans une marche, ce dimanche, à Rabat

PROTESTATION - Ils ont célébré la Journée internationale de l’enseignant (5 octobre) par une marche. Répondant à l’appel lancé par la Fédération nationale de l’enseignement (FNE), les enseignants se sont retrouvés, ce dimanche 7 octobre, à Rabat pour faire entendre leurs revendications.

Près de 3000 participants venus de différentes régions du Maroc ont marché jusqu’au pour dénoncer des conditions de travail qualifiées de “lamentables”.  “La marche a été organisée contre la situation de l’enseignement au Maroc et les conditions de ceux qui exercent dans le secteur marquées par des politiques d’austérité et des dialogues frelatés”, déclare au HuffPost Maroc le Secrétaire général national de la FNE, Abderrazak Idrissi.

Les manifestants ont entamé leur marche à 10h, devant le ministère de l’Education nationale avant de se diriger vers Bab Rouah, puis l’avenue Mohammed V pour finir leur marche, vers 13h, devant le Parlement.

“Nous voulons sauver ce qui reste de la gratuité de l’enseignement au Maroc. Nous sommes à la limite des lignes rouges et nous craignons qu’elles soient franchies”, affirme Abderrazak Idrissi qui se dit opposé à la vision stratégique de la réforme 2015-2030.

Cette vision, qui considère notamment l’enseignement privé comme partenaire de l’enseignement public dans la généralisation et la réalisation de l’équité, a eu pour conséquence, pour ce responsable syndical, de “mener à la dégradation de l’enseignement public”. Pour lui, “le ministère encourage les partenariats publics-privés au moment où le privé doit participer au financement du pays”. Le syndicaliste estime que les établissements scolaires privés profitent simplement “de plusieurs avantages comme des baisses de taxe”. Et de soutenir que “le ministère contribue à la marchandisation de l’éducation et de l’enseignement où les élèves et les familles sont des clients qui paient et les enseignants, des salariés mal payés”.

 

Pour le secrétaire général de la FNE, le principe de l’équité doit être placé au coeur de la politique de l’enseignement et estime, à juste titre, que l’idéal serait d’unifier l’enseignement dans le pays. Le ministère devrait mettre en place un seul et même enseignement public ouvert à tous les enfants dans tous les niveaux scolaire où “le fils du pauvre et le fils du ministre pourront étudier ensemble”.

La fédération exige ainsi le retrait de la loi cadre 17/51 sur le système de l’éducation et de formation et la loi du personnel des académies, en restructurant les conseils d’administration des académies régionales et le Conseil supérieur de l’éducation et la formation et de la recherche scientifique, indique-t-elle dans un communiqué.

 A leur liste de revendications, les manifestants ont, par ailleurs, appelé à la titularisation et à l’intégration dans l’enseignement public des 55.000 enseignants contractuels pour leur garantir un travail stable et constant. Selon Idrissi, le système du contrat de travail a entraîné “le limogeage de plusieurs enseignants par les administrations provinciales sans raison valable”.

“Nous avons déjà déposé notre dossier revendicatif au ministère en mars dernier et nous espérons qu’elles feront l’objet d’une suite. En attendant, nous continuerons de manifester et d’unir nos forces”, promet-il.

Retrouvez cet article sur le site Huffington Post
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