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Hyperactivité: Bons sur la théorie, mauvais sur le terrain!

Hyperactivité: Bons sur la théorie, mauvais sur le terrain!

L’Education nationale a toujours tenté d’être à la page en matière de gestion du handicap à l’école. Mais entre la conception stratégique et le terrain, il y a tout un monde. Evidemment, tout est question de moyens. Depuis 1996, quelque 700 classes d’intégration scolaire (CLIS, regroupant les élèves à besoins spécifiques dans une même classe au sein d’écoles normales) ont été mises en place.

Il aura donc fallu 20 ans pour couvrir 10% des écoles primaires par les CLIS. Elles accueillent près de 8.000 enfants en situation de handicap faible à moyen.

Quant à l’hyperactivité et aux troubles de l’apprentissage de manière générale (dyslexie, dysorthographie, dyscalculie…), ils sont inclus dans la catégorie des handicaps légers. Ces derniers concernent environ 80.000 élèves scolarisés dans des classes normales, selon la tutelle.

Au total, six handicaps pouvant être gérés à l’école ont été répertoriés: le handicap mental, moteur, visuel et auditif, en plus de l’autisme et des troubles de l’apprentissage. «Les maladies chroniques sont, également, considérées comme un handicap», précise Anouar Boukili, chef du service de l’éducation des enfants en situation de handicap. 

Les enfants souffrant de handicaps légers ont le droit de bénéficier d’adaptations spéciales. Que ce soit en termes d’outils d’apprentissage, temps scolaire ou durant les contrôles et examens. Cette année, ils ont même eu droit au tiers temps et à un accompagnateur durant l’examen du bac.

«Mais tout dépend de la sensibilité de chaque établissement à ces troubles, de la formation des enseignants et des moyens disponibles», souligne Boukili. En effet, la majorité des écoles primaires ne sont ni formées ni outillées pour gérer des enfants victimes de troubles.

«Aujourd’hui, la tendance à l’international est à l’éducation inclusive. Au lieu de scolariser les enfants dans de mini ghettos à l’école, on les met dans des classes normales, avec une prise en charge spécifique», relève Fouad Chafiqi, directeur des curricula. Le ministère a ainsi élaboré une architecture pédagogique contenant à la fois les apprentissages de base à dispenser à tous les enfants, et ceux spécifiques destinés aux élèves souffrant de troubles.

«Ces apprentissages d’appoint peuvent être organisés en classes, ou bien en dehors de la salle de cours, avec un enseignant spécialisé», explique Chafiqi. Là encore, le ministère se heurte à la faiblesse de ses moyens. Car pour recruter et former des profs spécialisés, il faudra des budgets considérables.

Intégrer les enfants handicapés dans des classes normales

«L’idéal serait d’arriver, d’ici 10 à 15 ans, à inscrire tous les enfants en situation de handicap dans des classes normales. En parallèle, former et recruter des enseignants spécialisés, dispensant les apprentissages spécifiques à ces enfants», ambitionne Fouad Chafiqi, directeur des curricula. Ces enseignants seraient à l’image des auxiliaires de vie en Europe ou au Canada. «Avec presque 80.000 enfants handicapés dans les écoles, on aurait besoin d’au moins 20.000 auxiliaires», estime Chafiqi. Faute de moyens, il faudra se contenter d’un éducateur spécialisé par établissement.
Un cadre curriculaire a été élaboré avec l’Unicef. 8.000 exemplaires ont été envoyés en décembre dernier à toutes les écoles publiques et privées. «Le document permet de renseigner sur la manière de procéder au diagnostic et d’élaborer un projet éducatif intégré. Il s’agit d’un livret pédagogique renfermant toutes les informations sur l’élève et les apprentissages qu’il doit acquérir», explique le directeur des curricula. Son département travaille en ce moment sur un dispositif de formation, qui devrait être présenté avant mars 2019. Il permettra de placer 3 à 4 formateurs de formateurs dans chaque académie, qui se chargeront d’accompagner les enseignants.

 

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